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France : Pourrons nous vraiment jouer en ligne ?

Oui, nous parlons encore de la France et encore de la législation mais l’actualité nous y oblige ! Si vous avez lu nos derniers bulletins, le joueur ou la joueuse que vous êtes a sans doute trouvé des raisons de s’inquiéter et j’ai bien peur de devoir dire que vos craintes sont fondées…

Alors que l’ ouverture du marché des jeux en ligne prend du retard, que les opposants font entendre leur voix, que le projet de loi a déjà était amendé à plusieurs reprises, avec des risques de filtrage ou même d’une limitation de la régularisation, on peut se demander si le gouvernement français veut vraiment du jeu en ligne?

La législation française

Faisons donc un peut le point sur la situation: en janvier 2010, la France doit, sous la pression de la Commission Européenne, mettre fin au juteux monopole qu’elle exerce sur les jeux d’argent, au travers du Pari Mutuel Urbain (le fameux P.M.U. de nombreux bars-tabacs mais aussi des émissions hippiques de Canal Plus ou de la chaîne Equidia) et de la toute puissante Française des Jeux.

Pourquoi toute puissante? Pensez au Loto, à l’Euromillions, au Keno mais aussi au Rapido et à tous les jeux de grattage existant. Je ne pourrais même pas en dresser une liste exhaustive mais toujours est-il que du Morpion à XIII en passant par le Black Jack, l’Horoscope ou le Numéro Fétiche, on voit bien que la FDJ ratisse large… Et je n’ai pas encore parlé du Loto Sportif ou de Cote et Match qui lui a permis de faire son entrée sur le marché des paris sportifs!

Non aux casinos en ligne !

On peut alors s’interroger sur le bien-fondé des hésitations du gouvernement qui accuse les opérateurs de jeux d’argent en ligne de ne s’intéresser qu’au profit (sic !) et avance toujours l’argument des risques d’addiction alors que la FDJ n’a jamais rien fait pour combattre la dépendance. Elle n’a même d’ailleurs jamais communiqué sur ces risques… Quelle hypocrisie! Car, oui, la Commission des Finances a eu le culot d’affirmer, en amendant le projet de loi, que les jeux de casino en ligne présentaient plus de risque d’addiction que le poker en ligne ou les paris sportifs.

Il convient donc de s’interroger sur les vrais raisons de ce veto et, par conséquent, de cette légalisation à deux vitesses, ou plus exactement de ce oui partiel. Et il faudrait ne pas avoir les yeux en face des trous pour ne pas y voir une raison évidente. Je suis prêt à parier (enfin, je serais prêt à le faire si c’était légal…) que le gouvernement a cédé à la pression des grands groupes de casino français (notamment Partouche et Lucien Barrière pour citer les plus importants) dont le chiffre d’affaire (également appelé P.B.J, pour Produit Brut des Jeux) baisse depuis que les casinos en ligne se multiplient.

Pourquoi cette restriction ?

Or, ces grands groupes ne sont pas sans moyen de pression: non seulement ils génèrent une source de revenu non négligeable pour l’Etat (par les taxes perçues) mais ils sont généralement influents dans le secteur touristique puisqu’ils dirigent également des hôtels de luxe (parfois même couplés au casino). Ils attirent ainsi une clientèle riche et dépensière qui représente une part importante des revenus d’un secteur touristique qui n’est pas au mieux avec la crise…

La Société des Bains de Mer, notamment présente à Monaco et Monte-Carlo, vient ainsi de publier ses résultats du premier trimestre 2009/2010, annonçant une baisse de 15,7% de ses résultats, ou plus exactement de -14% pour le secteur des jeux et -20% pour le secteur hôtelier!

On comprend alors mieux que les casinos en ligne dérangent. Surtout aujourd’hui qu’ils sont partout, proposent des versions gratuites de leur casino où il est possible de jouer seulement pour le plaisir, permettent de jouer avec des mises minimes (parfois quelques centimes quand les casinos imposent des droits d’entrée ou des mises minimum) et offrent même parfois de l’argent gratuitement à ceux qui s’inscrivent pour la première fois ! Une vraie révolution !

Pour autant, les casinos en ligne communiquent sur la sécurité (ils affichent toujours les labels des organismes, souvent indépendants, qui les ont contrôlé) pour garantir à leurs clients qu’ils ne sont pas mal-intentionnés, contrairement à ceux qu’affirment les tenants de la législation française (même s’il y a, et vous le savez aussi bien que nous, quelques escrocs à éviter). Mieux encore, les casinos en ligne sont nombreux à proposer la mise en place de limites (mise maximum, crédit maximum, temps de jeu maximum…) pour protéger les joueurs. Certains, à l’instar de Casino Tropez, ont même fait de leur programme de prévention un de leurs points forts.

Alors, pourquoi interdire les casinos en ligne en France?
Que veut vraiment le gouvernement français?
Pourrons nous vraiment jouer librement de l’argent en ligne dans un futur proche?
Autant de questions qui n’ont pas encore de réponse définitive… mais qui montrent à quel point il est difficile de faire bouger les choses en France !